fiche d’affaire — patrimoine
Électricité de la passerelle cyclo-piétonne du Carreau d’Or, Marans
Marans (17230) · livraison 2026
performance
Éclairage intégral en très basse tension 48 V — 71 m de bandeau à leds 2 200 K, IRC d’au moins 90, 9,6 W/m, logés dans l’engravure des mains courantes et sous le banc · alimentation triphasée existante de 12 kVA conservée · enrouleurs à rappel automatique de 10 m pour le tablier mobile
À Marans, l’écluse du Carreau d’Or porte une passerelle métallique de 1,30 m de large. La Communauté de communes Aunis Atlantique la remplace par un ouvrage cyclo-piéton de 25,40 m, dont 6,80 m coulissent pour laisser passer les bateaux. Dans un groupement de maîtrise d’œuvre à trois, FT2E assure la conception et le suivi des travaux en électricité. Tout l’éclairage passe en 48 volts, 71 m de bandeau à leds logés dans l’engravure des mains courantes, et des enrouleurs à rappel automatique suivent le tablier mobile. Pour le comptage des mobilités douces souhaité par le maître d’ouvrage, une caméra d’analyse est prévue en bordure de quai : le système CITIX-AI, associé au logiciel Eco Vision d’Eco-Compteur, en permet la gestion et l’analyse à distance.
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L’écluse du Carreau d’Or est au centre de Marans. C’est un ensemble d’ouvrages d’art — une écluse, un barrage et une passerelle qui prend appui sur les deux — géré par l’Institution interdépartementale du bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSN). Les habitants l’empruntent tous les jours pour éviter le pont de pierre de la RD 137, que plus de 10 000 véhicules par jour rendent hostile aux mobilités douces. Mais la passerelle ne fait que 1,30 m de large. La Communauté de communes Aunis Atlantique a décidé de la remplacer par un franchissement cyclo-piéton de 25,40 m de long et 3,50 m de large, sur l’itinéraire de la Vélo Francette. Le groupement de maîtrise d’œuvre retenu en juin 2024 réunit trois cotraitants : Impact Urbanisme comme architecte mandataire, le bureau d’études EBLL pour la structure, et FT2E pour l’électricité courants forts et courants faibles.
L’enjeu : électrifier un ouvrage qui s’ouvre
Une passerelle n’est pas un bâtiment. Il n’y a ici ni chauffage, ni ventilation, ni sécurité incendie : une seule technique, sur un tablier de 25,40 m posé au-dessus d’une rivière, en plein centre-bourg. À l’École des douanes de La Rochelle, ce domaine unique était la climatisation, et la mission du bureau tenait au seul calcul des charges.
Trois contraintes commandent tout le reste. Le milieu, d’abord : chaque matériel est exposé à l’humidité du canal, aux chocs et aux agents climatiques, ce qui impose un indice de protection IP66, une tenue aux chocs IK10, des fixations en inox et des enveloppes traitées contre la corrosion — comme l’appareillage étanche et les rehausses inox des zones d’hygiène des ateliers Capsulae, à La Rochelle. L’ouverture, ensuite : sur les 25,40 m, une partie mobile de 6,80 m coulisse pour laisser passer les bateaux, et l’électricité doit suivre ce mouvement sans se rompre. L’économie, enfin : aucun nouveau branchement n’est demandé. Le compteur et le disjoncteur d’abonné existants sont conservés, avec leur puissance limitée à 12 kVA en triphasé, et la prise de terre du site sert de référence à l’ensemble.
Le parti : tout l’éclairage en très basse tension, dans la main courante
Le tablier ne porte aucun candélabre. La lumière sort des mains courantes : un profilé d’aluminium d’angle de 18 × 18 mm, collé en fond d’engravure, reçoit un ruban à leds fermé par un diffuseur en polycarbonate. Il en faut 43 m sur la partie fixe, 28 m sur la partie mobile et sous le banc, soit 71 m d’éclairage continu qui dessinent la passerelle sans jamais éblouir un cycliste.
Ce ruban travaille en 48 volts continus — de la très basse tension, à 9,6 W/m, 120 leds/m et 750 lm/m. Le cahier des charges laisse la température de couleur à trancher avec le maître d’ouvrage, en cohérence avec les mâts voisins ; le bordereau la fixe à 2 200 K, un blanc très chaud, avec un indice de rendu des couleurs (IRC) d’au moins 90 et une durée de vie annoncée de 50 000 heures.
Tout part d’un coffret unique, logé dans le banc de la passerelle : une enveloppe métallique mutualisée avec la commande de la motorisation de la passerelle, au même niveau de protection que le reste de l’installation. Elle abrite les blocs d’alimentation 48 V, une horloge astronomique doublée d’une commande d’éclairage forcé, deux départs d’éclairage distincts pour la partie fixe et la partie mobile, un départ pour l’armoire de motorisation et un dernier pour le coffret de prises. Ce dernier, également installé dans le banc, met à disposition des prises monophasées et triphasées étanches ainsi qu’une prise de type camping-car, pour les usages du quai.
Les particularités : des enrouleurs, et un mât qu’il a fallu inventer
La partie mobile a reçu la réponse la plus simple possible : l’éclairage et les moteurs du tablier coulissant sont alimentés par des enrouleurs à tambour inox, à rappel automatique, IP66, chargés de 10 m de câble. Ils sont fixés en pied de pilier, et la reprise des circuits aval se fait dans une boîte étanche IP67. Dès la réunion de préparation, en juillet 2025, leur emplacement, leur gabarit et leur cote hors d’eau ont été vérifiés sur site avant toute commande : un enrouleur noyé à la première crue n’aurait servi à rien.
Le comptage des vélos, lui, a demandé un vrai détour. Le projet prévoit une caméra de comptage à analyse vidéo, capable de distinguer piétons, trottinettes et cyclistes, qui n’enregistre aucune image et ne transmet que des données agrégées — ce n’est pas de la vidéosurveillance. Le cahier des charges la posait à 7 m sur un mât d’éclairage public existant du quai du Maréchal-Foch, alimentée par le concessionnaire depuis le réseau public. Nous avions relevé que l’éclairage des quais ne fonctionne que sur une plage nocturne réduite, et demandé de vérifier la capacité de recharge de la caméra ou d’étudier une alimentation photovoltaïque, technique que le bureau a portée en lot de travaux distinct à l’ancien siège communautaire de Marennes. La solution retenue en réunion du 17 février règle la question : un mât dédié côté quai Georges-Clemenceau, alimenté depuis le banc — donc depuis le coffret de la passerelle, en service en permanence. Sa hauteur a été ramenée à 5,00 m et sa teinte alignée sur le noir des candélabres existants.
Dernière particularité, arrêtée elle aussi dès la réunion de préparation : les rubans à leds ne sont pas posés sur le chantier. L’électricien vient les intégrer dans les mains courantes chez le serrurier-métallier, avant que la structure ne quitte l’atelier.
Le résultat : un ouvrage réceptionné
Le permis d’aménager a été accordé le 28 mars 2025 et l’ordre de service de démarrage porte le 1ᵉʳ juillet 2025, pour un délai de sept mois, préparation et congés compris ; un ordre de service d’arrêt provisoire l’a suspendu dès le 29 juillet. Les travaux ont commencé sur site en décembre 2025 : à cette date, la partie fixe était en cours de fabrication dans les ateliers du serrurier-métallier et la partie mobile prête à monter. Le chantier est jalonné de treize comptes rendus, rapprochés à un rythme hebdomadaire à partir de février 2026 ; le dernier, du 7 avril, programme la pose de la passerelle définitive à la grue pour la fin du mois. L’ouvrage est aujourd’hui réceptionné, et son tablier mobile coulisse sans difficulté.
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