fiche d’affaire — tertiaire / erp · coordination ssi
Hôtel Le Yachtman : services généraux et quatre chambres, La Rochelle
La Rochelle (17000) · livraison 2026
performance
RT existant (arrêté du 3 mai 2007 modifié) · pompe à chaleur à détente directe COP 3,83 · centrale double flux à échangeur de rendement supérieur à 90 %
Sur le quai Valin, au sud du Vieux Port, l’hôtel Le Yachtman occupe deux bâtiments accolés et compte 46 chambres : un établissement recevant du public de type O, classé en quatrième catégorie. FT2E y a mené deux missions d’étendue inégale. La première est bornée à 230 m² : les lots chauffage-ventilation, plomberie et électricité des quatre chambres créées au premier étage et des services généraux du rez-de-chaussée. La seconde ne connaît pas cette limite — la coordination du système de sécurité incendie porte sur les sept niveaux de l’établissement, qui fonctionne sous deux dérogations. L’hôtel n’a pas fermé pendant les travaux ; le système a été réceptionné sans réserve le 16 juin 2026. Des travaux de reprise et de mise aux normes du sous-sol renforceront sa sécurité.
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Sur le quai Valin, au sud du Vieux Port de La Rochelle, l’hôtel Le Yachtman occupe deux bâtiments accolés et non isolés l’un de l’autre : trois étages sur sous-sol côté quai, cinq côté rue Saint-Nicolas, 46 chambres en tout. C’est un établissement recevant du public (ERP) de type O, avec une activité de restauration de type N, classé en quatrième catégorie pour un effectif de public de 126 personnes. FT2E a contracté directement avec le maître d’ouvrage, la SCI Valin Saint-Nicolas, sur deux missions d’étendue inégale : les lots techniques des quatre chambres créées au premier étage et des services généraux du rez-de-chaussée, et la coordination du système de sécurité incendie (SSI) de l’établissement entier. Proposition de mission du 12 novembre 2024, acceptée le 15. La maîtrise d’œuvre générale de l’opération est assurée par DET Ingénierie, la conception intérieure et l’économie par Option d’Intérieur.
L’enjeu : une mission bornée, un système à l’échelle du bâtiment
Le contrat pose sa limite dès son article premier : « notre mission sera limitée à la création des 4 chambres au R+1 et au réaménagement du RDC ». 230 m² — 90 à l’étage, 140 au rez-de-chaussée — et trois lots : chauffage-ventilation, plomberie sanitaire, électricité courants forts et courants faibles. Les travaux de décoration engagés aux autres niveaux sont supposés sans effet sur les lots techniques, et le contrat le dit. Le bâtiment étant existant et le programme partiel, les études relèvent de la réglementation thermique des bâtiments existants, celle de l’arrêté du 3 mai 2007 modifié : des exigences par équipement remplacé, non un objectif de consommation globale.
La coordination SSI, elle, ne connaît pas cette limite. Menée au titre de la norme NF S 61-931, elle porte sur l’établissement entier : sept niveaux, du sous-sol au cinquième étage, deux bâtiments qui communiquent. Un hôtel se réaménage par morceaux ; sa sécurité incendie, non.
Le programme tient en trois lignes du procès-verbal de la commission communale de sécurité : quatre chambres sont créées au premier étage, à l’emplacement de l’ancienne salle de petit-déjeuner ; les services généraux du rez-de-chaussée sont rénovés ; une bagagerie et une nouvelle salle de petit-déjeuner y sont créées. Ce qui occupait l’étage redescend, et l’étage devient de l’hébergement.
La solution : une pompe à chaleur pour les chambres, un système de sécurité étendu
Aux quatre chambres du premier étage, une pompe à chaleur à détente directe à deux tubes, en R410A et à technologie DC Inverter, alimente des unités intérieures de 1,9 et 2,5 kW calorifiques, dont le niveau de pression sonore descend sous 22 dB(A) en petite vitesse. Le calcul réglementaire retient un coefficient de performance de 3,83 en chauffage, pour une source amont à 7 °C et un fluide aval à 20 °C, et un coefficient d’efficacité frigorifique de 2,8 en refroidissement. La ventilation, elle, reste simple flux : entrées d’air autoréglables en menuiserie à 45 m³/h, extraction autoréglable en sanitaires. Ces entrées d’air portent une exigence d’affaiblissement acoustique de 39 dB, parce qu’un hôtel sur un quai du Vieux Port se ventile sans s’ouvrir au bruit.
L’eau chaude sanitaire ne fait pas l’objet d’une production nouvelle : les réseaux cuivre créés se greffent sur les colonnes existantes, avec bouclage et calorifuge de classe 4.
Côté sécurité incendie, l’opération prévoit une extension du système en place et la création de nouvelles zones de sécurité. La centrale SSI adressable, de catégorie A, avec équipement d’alarme de type 1, est logée dans un placard dédié au rez-de-chaussée, visible depuis l’accueil, avec des tableaux répétiteurs au bar et au quatrième étage. La détection automatique est généralisée à tous les locaux hors sanitaires et escaliers, combles compris, comme à l’abbaye de Sablonceaux ; les déclencheurs manuels sont répartis par niveau. Le bâtiment forme une seule zone d’alarme, sans temporisation, et une seule zone de compartimentage, dont la mise en sécurité ferme les portes à fermeture automatique de toutes les circulations et déverrouille les issues de secours. Le désenfumage n’entre pas dans le champ du système : les circulations horizontales ne sont pas à désenfumer, et les escaliers encloisonnés le sont naturellement par exutoire, à commande manuelle indépendante.
Les particularités : deux dérogations, un hôtel qui ne ferme pas
L’établissement fonctionne sous deux dérogations, et ce sont pour l’essentiel des mesures de détection et de mise en sécurité qui les compensent. La première, acceptée le 13 décembre 2022, porte sur le non-recoupement des circulations horizontales du bâtiment Saint-Nicolas, du premier au cinquième étage : le calfeutrement coupe-feu des conduits logés dans le plénum des circulations y est impraticable, et des portes automatiques y restreindraient le choix d’évacuation de huit chambres situées en inter-étage.
En contrepartie, la détection automatique est étendue à l’ensemble des pièces et des combles, deux portes coupe-feu asservies au centralisateur sont posées au rez-de-chaussée, un rideau de cantonnement des fumées est installé face à l’ascenseur, et les serrures électriques des chambres sont doublées de serrures à clef. Les chambres du rez-de-chaussée reçoivent des alarmes à flash lumineux, pour avertir les personnes malentendantes. La seconde dérogation, acceptée le 4 novembre 2025, autorise la transformation en chambre de l’ancien appartement du quatrième étage alors que l’escalier principal s’arrête au troisième.
L’hôtel est resté en exploitation pendant toute la durée des travaux, et il fallait y maintenir le niveau de sécurité indispensable à un établissement avec locaux à sommeil, comme à l’abbaye de Sablonceaux. Le chantier, ouvert le 7 avril 2025, s’est déroulé par tranches et par étages ; la seconde démarre le 1ᵉʳ décembre 2025, et les quatre niveaux ferment ensemble en semaine 49 pour rouvrir en ordre dispersé — le deuxième étage en semaine 51 de 2025, le troisième en semaine 2 de 2026, le quatrième en semaine 6, le premier en semaine 7. S’y ajoutent deux jours de privatisation complète fin mars et un achèvement calé sur les congés scolaires du 4 avril. Deux découvertes ont recalé ce calendrier : des colonnes amiantées et des colonnes d’adduction corrodées. Nos interventions portent la marque de ce bâti : limitation des longueurs de raccordement et des bras morts d’eau chaude sanitaire sur les colonnes existantes, diagnostic de l’état des tubes acier d’adduction du premier étage, liste de reprises diffusée après la visite du 24 février 2026.
Le résultat : un système réceptionné sans réserve
Les essais fonctionnels du système ont été conduits les 27 et 30 avril puis le 6 mai 2026, en présence de l’installateur, et ont donné lieu à trois réserves : une télécommande de blocs d’éclairage de sécurité à mettre en œuvre, deux diffuseurs sonores à finaliser, un autocontrôle à fournir. Elles ont été levées le 3 juin. Le procès-verbal de réception du système de sécurité incendie, dressé le 16 juin 2026 au titre de l’article 17 de la norme NF S 61-932, porte un avis favorable sans réserve.
L’ouverture au public de l’établissement avait été autorisée deux semaines plus tôt, par arrêté du maire de La Rochelle du 3 juin 2026, sous réserve du respect des prescriptions formulées par la commission communale de sécurité lors de sa visite du 11 mai. L’hôtel est en service.
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