fiche d’affaire — tertiaire / erp · coordination ssi
Les Cabanes Urbaines, restructuration et extension à La Rochelle
La Rochelle (17000) · livraison 2023
performance
SSI de catégorie A et équipement d’alarme de type 1 sur un ERP de troisième catégorie de type X avec activités de type L, R, W et N — quatorze zones de détection sur trois niveaux, 103 points adressables, une seule zone de compartimentage et une seule zone d’alarme, sans temporisation · Foyers de contrôle d’efficacité : déclenchement en 2 min 30 s sur mousse en salle d’escalade, 11 min 20 s sur bûchettes de hêtre en salle d’enseignement · Pompe à chaleur réversible de 70 kW en relève de la chaudière gaz existante · Bbio 113,50 pour un maximum de 113,60
Rue Cardinal, aux Minimes, une salle d’escalade rochelaise est devenue un établissement de trois niveaux qui abrite aussi un restaurant, une salle de spectacles, des bureaux partagés, des salles d’enseignement et un pôle santé. FT2E y a porté le chauffage, la ventilation, la plomberie et l’électricité, puis la coordination du système de sécurité incendie. Les planchers n’ayant pas été traités coupe-feu, le bâtiment ne forme qu’un seul compartiment : la détection y est généralisée à tous les locaux, aux combles et aux plénums, sur 103 points adressables et quatorze zones, pour une seule zone d’alarme sans temporisation. Deux foyers allumés aux essais ont mesuré ce que cette compensation vaut. Réception en 2023.
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Au 22 rue Cardinal, dans le quartier des Minimes à La Rochelle, une salle d’escalade s’est agrandie jusqu’à changer de nature. Le programme réunit sur trois niveaux un mur d’escalade de 6 mètres sous plafond, un restaurant et sa cuisine, une salle de spectacles et de rencontres, un atelier de luthier, des bureaux partagés, des salles d’enseignement, une salle de yoga et un pôle santé. Le classement le dit mieux qu’une description : établissement recevant du public de troisième catégorie, de type X — établissements sportifs couverts —, avec activités de type L, R, W et N. Cinq types d’exploitation dans un seul bâtiment, et cinq usages distincts dans un seul calcul thermique.
La maîtrise d’ouvrage a confié à FT2E les lots techniques dès 2020 — chauffage, ventilation, plomberie, électricité courants forts et courants faibles —, puis, fin 2022, une mission distincte de coordination du système de sécurité incendie (SSI). Deux contraintes gouvernent toute l’opération : l’activité existante est maintenue pendant les travaux, de 9 h à 23 h, et les deux bâtiments — l’existant et l’extension — doivent rester indépendants. Le chantier a duré un an — quarante réunions hebdomadaires de septembre 2022 à septembre 2023 — sans que la salle ferme.
Ce que le plancher ne fait pas, la détection le fait
Le point de bascule de l’affaire tient en une ligne du cahier des charges fonctionnel du SSI : les planchers n’ont pas été traités coupe-feu. En bonne logique réglementaire, un tel bâtiment se recoupe horizontalement, et chaque niveau devient un compartiment que le feu ne franchit pas. Ici, ce recoupement n’existe pas. Le bâtiment ne constitue donc qu’une seule zone de compartimentage — les trois plans de zonage portent la même équation en cartouche, « ZA01 = ZC01 = le bâtiment ». La sécurité tout entière repose sur la mesure compensatoire prescrite : une détection incendie généralisée, et un système de catégorie A à équipement d’alarme de type 1.
Le mot est à prendre au pied de la lettre. Des détecteurs automatiques dans tous les locaux, sanitaires et escaliers exceptés ; les combles compris, ainsi que les plénums et vides de construction de plus de 80 cm ; une zone de déclencheurs manuels par niveau, à chaque sortie de secours et au pied de chaque cage d’escalier, à 1,30 m au plus. L’installation compte 87 détecteurs automatiques — 85 optiques et deux thermovélocimétriques — et seize déclencheurs manuels, soit 103 points adressés un à un sur une centrale qui en admet 128. Ces 103 points se répartissent en quatorze zones : onze zones de détection automatique — cinq au rez-de-chaussée, trois au premier étage, trois au second — et trois zones de déclencheurs manuels, une par niveau. La détection est donc fine ; la mise en sécurité, elle, ne connaît qu’une échelle.
Les conséquences se lisent jusque dans les organes. Une seule zone d’alarme, sans temporisation, sur laquelle rien ne se déclenche en différé. Les clapets coupe-feu du réseau de ventilation, faute de limite de compartimentage à tenir, sont autocommandés par fusible thermique et ne reçoivent aucun ordre du centralisateur. Le désenfumage naturel des cages d’escalier reste en dehors du système, commandé à la main depuis le pied de chaque escalier. Seule la salle d’escalade est désenfumée automatiquement sur détection, par exutoires en toiture. Un bâtiment qui n’est pas recoupé se met en sécurité d’un seul tenant : le Central Hostel, rue de l’Escale, arrive à la même unité par un autre chemin — l’impossibilité de recouper un immeuble du XVIIᵉ siècle.
La compensation se prouve au feu réel
Une mesure compensatoire ne se démontre qu’à l’essai. Les 5, 7 et 8 septembre 2023, le coordinateur SSI a mené les essais fonctionnels en présence des entreprises, point par point sur les quatorze zones, centrale en autonomie, hors alimentation secteur. Puis il a allumé deux feux.
Le premier, dans la salle d’escalade : deux plaques et demie de mousse au sol, sous 6 mètres de hauteur libre. Déclenchement en 2 min 30 s. Le second, dans une salle d’enseignement du premier étage : neuf bûchettes de hêtre. Déclenchement en 11 min 20 s. Le même système, la même génération de détecteurs, et un rapport de plus de quatre entre les deux temps — parce qu’un foyer ne fait pas la même fumée selon ce qui brûle et selon le volume qu’elle a à remplir avant d’atteindre un plafond. C’est ce qu’un foyer de contrôle d’efficacité sert à établir, et c’est pourquoi la coordination SSI en prescrit un quand le bâtiment l’exige. Les deux essais ont été concluants.
Le procès-verbal de réception du système, daté du 8 septembre 2023, porte un avis favorable et une seule observation : le remplacement de l’ouvrant central de désenfumage de la salle d’escalade, dont les travaux étaient engagés par la maîtrise d’ouvrage. Le dossier d’identité SSI a été remis en 18 chapitres, du cahier des charges fonctionnel au tableau de corrélation, des plans de zonage aux procès-verbaux d’essais. La commission de sécurité est passée le 11 septembre 2023. À l’abbaye de Sablonceaux comme à l’hôtel Le Yachtman, la même règle de détection généralisée s’applique ; ici, elle ne complète pas le compartimentage, elle le remplace.
Une pompe à chaleur en relève, quatre centrales, cinq usages
Le reste de la mission tient aux fluides. Le chauffage et le rafraîchissement viennent d’une pompe à chaleur réversible de 70 kW, en relève de la chaudière gaz existante, sur un primaire à 55/50 °C et des réseaux secondaires à 50/45 °C. Trois centrales de traitement d’air double flux desservent le bâtiment selon ce qu’il abrite : 1 300 m³/h sur l’existant, 1 800 m³/h sur la salle de spectacles à elle seule, 2 455 m³/h sur l’extension. S’y ajoute la cuisine, dont la hotte extrait 2 500 m³/h et dont l’air est compensé par une centrale à batterie hydraulique soufflant à 20 °C constants. La ventilation se règle sur l’occupation réelle — sonde de gaz carbonique en salle de yoga, détection de présence en salles d’enseignement. Côté électricité, la puissance de raccordement est portée à 192 kVA sous une logette en limite de propriété, le tableau général est étendu, l’éclairage passe entièrement aux LED, et la source centrale d’éclairage de sécurité est déposée au profit de blocs autonomes.
L’étude thermique réglementaire, elle, a dû faire tenir cinq usages dans un seul calcul RT2012 : restauration au rez-de-chaussée, bureaux partagés et enseignement secondaire au premier, établissement sportif et établissement de santé sans hébergement au second — la salle de spectacles n’entrant pas dans le champ du calcul. Sur les 503 m² utiles de l’extension, le besoin bioclimatique ressort à 113,50 pour un maximum réglementaire de 113,60, et la consommation conventionnelle à 111,1 kWhep/m²/an, contre 178,50 admis. La marge sur le second indicateur est de 37,76 % ; sur le premier, elle tient à un dixième de point. Une dernière pièce dit la position du bureau dans cette opération : le contrat de janvier 2023 par lequel l’entreprise de chauffage, et non la maîtrise d’ouvrage, a commandé à FT2E les relevés de la zone existante, les déperditions pièce par pièce et les apports thermiques des locaux rafraîchis. C’est le montage des études d’exécution que le bureau mène pour le compte d’installateurs.
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