fiche d’affaire — monotechnique — audit
Audit énergétique du restaurant scolaire de Villedoux
Villedoux (17230) · livraison 2026
performance
37 116 kWhef/an modélisés sur un bâtiment de 468 m² de surface utile, dont 61 % de chauffage — déjà assuré par une chaufferie bois collective · Ubat 0,484 W/m²·K, classé « Bonne » · 102 474 kWh d’électricité et 24 425 € HT sur l’année 2023-2024 · centrale double flux de 2007, 2 340 m³/h, sans débit en toiture alors que son voyant de marche était allumé
La commune de Villedoux nous a commandé un audit énergétique pour le restaurant de son groupe scolaire, dont les pieds de murs se dégradaient. Le calcul conclut à l’inverse de ce qu’on attend d’un tel audit. Le chauffage pèse 61 % des consommations, mais il vient d’une chaufferie bois collective où le rapport ne porte aucune préconisation ; et isoler la toiture coûterait 70 000 € pour économiser 68 € par an. Ce qui reste à traiter n’est pas une consommation, c’est de l’air — une centrale de ventilation de 2007 sans débit en toiture alors que son voyant de marche était allumé, une compensation que le rapport suppose coupée parce qu’elle soufflait froid, et une laverie qui ruisselle.
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Le restaurant scolaire de Villedoux sert 270 repas par jour en période scolaire. Construit en 2007 au 3 bis rue du Marais Guyot, il réunit sous un seul rez-de-chaussée de 468 m² la cuisine collective et deux salles de restauration, l’une pour les maternelles, l’autre pour les élémentaires ; il fonctionne aussi pendant les vacances, pour l’accueil de loisirs. En février 2025, la commune nous a commandé un audit énergétique. Mais c’est l’humidité qui ouvre le diagnostic : les pieds des murs, à l’intérieur, se dégradaient.
L’enjeu : deux questions à résoudre dans une seule commande
La proposition de mission énumère sept objectifs, de l’état des lieux énergétique à la hiérarchisation des actions sur plusieurs années. Dans l’approche du diagnostic, deux questions se posaient. La première était immédiate : d’où vient cette humidité, et comment l’arrêter ? La seconde était patrimoniale : que faut-il engager, et dans quel ordre, pour qu’un bâtiment de 18 ans cesse de se dégrader ?
Notre mission s’arrêtait au rapport, comme sur l’étude de faisabilité de l’atelier Dufour Yachts : elle consistait à relever, calculer et chiffrer les différents scénarios d’amélioration.
La visite : un voyant qui affiche la marche, une machine qui ne souffle pas
La visite a eu lieu le 29 avril 2025, pendant les vacances scolaires — la cuisine tournait pour l’accueil de loisirs, avec un effectif réduit. Tous les locaux ont pu être vus — le relevé sur site précède le calcul, ici comme à l’École des douanes de La Rochelle.
La centrale de traitement d’air qui ventile les deux salles de restauration date de la construction : une double flux de 2 340 m³/h posée en toiture. Sur le tableau de commande, le voyant vert de marche était allumé, mais aucun débit n’a été constaté. La maintenance du système ne semblait pas avoir été réalisée.
Le reste du relevé décrit un bâtiment entretenu par à-coups. Deux caissons simple flux desservent, l’un les blocs sanitaires, l’autre les vestiaires, la lingerie et les locaux de préparation, de lavage et de stockage ; ceux-là tournaient. Les réseaux de toiture sont très dégradés, réparés par endroits, et les percements d’étanchéité laissent entrer l’eau. La production d’eau chaude sanitaire — un ballon de 750 L et quatre panneaux solaires en toiture — n’a ni suivi de fonctionnement ni contrat d’entretien ; le rapport demande de vérifier que la résistance électrique d’appoint n’assure pas seule la totalité de la production.
Deux humidités, une seule attendue
C’est en cuisine que le diagnostic se déplace. Le local laverie est saturé d’humidité au point de ruisseler sur les murs, hotte en marche — les utilisateurs l’ont signalé, et le calcul théorique le confirme. Cette hotte est portée à 1 800 m³/h dans le dossier des ouvrages exécutés ; le débit nécessaire au convoyeur de lavage en demande environ 2 000 m³/h. Sa sortie de toiture n’est pas une sortie aéraulique. Surtout, aucune compensation n’introduit d’air neuf lorsqu’elle fonctionne : privée d’apport, l’extraction met le local en dépression et n’atteint jamais son débit, et l’humidité produite par le lavage reste sur place.
En zone cuisson, la logique s’inverse et le résultat est le même. La hotte du piano extrait 7 500 m³/h, compensés par 6 000 m³/h d’air neuf préchauffé par une batterie électrique. Cette batterie était signalée en surchauffe. L’hypothèse du rapport est que les utilisateurs ont coupé la compensation, parce qu’en hiver elle soufflait de l’air froid.
Le bâti, lui, prend l’eau par l’extérieur, et son traitement revenait à d’autres intervenants que nous. Mais une seconde humidité se fabrique à l’intérieur, chaque midi, dans un local dont l’équilibre aéraulique n’est plus assuré.
Le modèle : un bâtiment sans gisement d’économies
Le bâtiment a été modélisé sous le logiciel Perrenoud, module U48, en usage restaurant scolaire à un repas par jour, cinq jours sur sept. Sa surface, inférieure au seuil de 1 000 m², écarte la réglementation dite « globale » : les travaux qui y seraient engagés relèveraient de la réglementation thermique des bâtiments existants par éléments, celle qui impose une performance minimale à chaque équipement remplacé.
L’état initial ressort à 37 116 kWh d’énergie finale par an. Le chauffage en représente 61 %, l’eau chaude sanitaire 22 %, la ventilation 9 %, l’éclairage 7 % et les autres usages 1 %. L’enveloppe, dont trois composants sur quatre restent sous les exigences applicables aux bâtiments existants, donne malgré tout un Ubat — le coefficient moyen de déperdition — de 0,484 W/m²·K, que l’échelle du rapport classe « Bonne ».
Le relevé de factures dit autre chose : entre juillet 2023 et juillet 2024, le bâtiment a consommé 102 474 kWh d’électricité pour 24 425 € HT. Les deux nombres ne se comparent pas. Le calcul ne couvre que les usages du bâtiment, quand la facture porte aussi tout le process de cuisine — et le chauffage, au bois, ne figure sur aucune facture d’électricité.
Ces chiffres disent une chose gênante pour un audit énergétique : il n’y a presque rien à gagner. Le premier poste de consommation est déjà alimenté par une chaufferie bois collective, à laquelle le bâtiment est raccordé, et le rapport n’y porte aucune préconisation. Quant à l’enveloppe, elle est celle de 2007.
Les six préconisations chiffrées le montrent. Isoler la toiture-terrasse demande 70 000 € et fait économiser 68 € par an. Isoler les murs par l’extérieur demande 43 600 € pour 128 € par an. En regard, remplacer les deux caissons simple flux et la centrale double flux coûte 44 800 € et fait économiser 542 € par an — cinq fois moins d’investissement par kilowattheure économisé que la toiture ; et le passage de tout l’éclairage en leds, avec gradation en salle et détection aux vestiaires, dix fois moins encore, pour 11 000 € et 402 € par an.
Le résultat : la ventilation, pas l’enveloppe
Le rapport final conclut que le bâtiment étant relativement récent, les propositions d’amélioration, « même si elles sont pertinentes, n’apportent pas des effets d’économies d’énergie et financières probantes ». Et il désigne le point à traiter : la ventilation.
Le motif n’est d’ailleurs pas d’abord économique. À la construction, le débit d’air neuf retenu était de 18 m³/h par occupant ; notre rapport situe à 30 m³/h le niveau qu’appelleraient aujourd’hui les écoles. Remplacer la centrale, c’est revenir aux débits attendus, et rendre possible une gestion par sonde de dioxyde de carbone — ce qui suppose aussi de reprendre les réseaux, ceux de la toiture étant très dégradés et percés d’infiltrations. La préconisation les inclut.
C’est le sens de cet audit : montrer qu’il n’y a pas d’économie à aller chercher dans les murs, et que ce qui reste à traiter tient dans les gaines. La mission s’est déroulée en deux temps — un diagnostic technique remis en mai 2025, puis l’audit énergétique complet en mars 2026, qui reprend le diagnostic et y ajoute la simulation, les scénarios chiffrés et leur valorisation en certificats d’économies d’énergie.
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