fiche d’affaire — industriel
Bâtiment SSLIA de l’aéroport de La Rochelle – Île de Ré
La Rochelle (17000) · livraison 2022
performance
Calcul réglementaire RT2012 : besoin bioclimatique 105,40 pour 114,70 exigés, consommation conventionnelle 97,2 kWhep/m²/an pour 106,2 — 8,11 % et 8,47 % de marge · Surface RT 315,64 m², surface utile 271,81 m² · Remise de véhicules de 185 m² tenue sous 12 °C et exclue du calcul, coefficient de réduction de 0,40 sur la liaison du plancher intermédiaire · Perméabilité à l’air 1,7 m³/(h·m²) sous 4 Pa au rez-de-chaussée, 1,00 à l’étage · Pompe à chaleur à détente directe de COP 5,00 et EER 4,37 pour la partie tertiaire, machine dédiée de COP 4,00 pour le hors gel
Sur l’aéroport de La Rochelle – Île de Ré, le syndicat mixte gestionnaire a fait construire le bâtiment de son service de sauvetage et de lutte contre l’incendie des aéronefs. Une seule enveloppe y tient trois régimes de température : un rez-de-chaussée de service lu comme des bureaux, un étage de garde lu comme du logement collectif, et une remise de véhicules de 185 m² tenue sous 12 °C, que le calcul RT2012 laisse hors de son périmètre. La limite thermique passe donc à l’intérieur du bâtiment : le mur qui borde la remise est isolé comme une façade, et la porte qui y donne reçoit le coefficient d’une menuiserie extérieure. FT2E a porté le calcul thermique, l’électricité, le chauffage, la ventilation, la plomberie et l’air comprimé. Réception en 2022.
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Sur l’aéroport de La Rochelle – Île de Ré, le syndicat mixte qui gère les aéroports de La Rochelle – Île de Ré et de Rochefort – Saint-Agnant a fait construire un bâtiment industriel neuf pour son service de sauvetage et de lutte contre l’incendie des aéronefs — le SSLIA —, à côté du bâtiment existant. FT2E est le bureau d’études électricité et fluides du groupement de maîtrise d’œuvre réuni autour de SD Architectes, avec le BET Boulard pour les structures : un marché public de maîtrise d’œuvre daté de février 2020, pour une mission de base complète, assortie de l’étude thermique réglementaire, jusqu’à la réception des travaux.
L’enjeu : trois régimes sous un même toit
Le programme tient trois volumes dans une seule enveloppe. Une remise de véhicules d’intervention de 185 m² — l’espace opérationnel, au programme —, desservie par une aire de manœuvre en voirie lourde. Un rez-de-chaussée de service — vestiaires, salle de sport, salle de formation, réfectoire, atelier, laverie, local des appareils respiratoires isolants. Et un étage de garde : trois chambres, une salle de veille, un bureau.
Ces trois volumes ne se chauffent pas de la même façon, et la réglementation thermique ne les regarde pas de la même façon non plus. Le calcul RT2012 lit le rez-de-chaussée comme des bureaux et l’étage comme du logement collectif : deux jeux d’exigences distincts, qui ne portent ni sur les mêmes équipements ni sur les mêmes indicateurs. La remise, elle, est tenue hors gel — sa consigne de chauffage reste sous 12 °C, et le calcul réglementaire l’exclut de son périmètre.
Le périmètre calculé est donc plus petit que le bâtiment construit, et c’est ce décalage qui commande la conception.
La solution : la limite thermique passe à l’intérieur
Quand un volume sort du calcul, l’enveloppe thermique se replie sur ce qui reste — et le mur qui l’en sépare cesse d’être une cloison. La synthèse remise en juin 2021 le prescrit ligne à ligne. Le mur intérieur qui borde la remise reçoit exactement la composition de la façade : agglomérés, 120 mm d’isolant, résistance au moins égale à 3,75 m²·K/W, coefficient de transmission plafonné à 0,249 W/(m²·K) — les deux lignes du tableau des parois verticales portent les mêmes valeurs. La porte qui donne dans la remise est spécifiée à 2,00 de coefficient Uw, celui d’une menuiserie extérieure. Et la liaison du plancher qui sépare l’étage de garde de la remise n’est pas traitée comme un plancher intermédiaire ordinaire : son pont thermique reçoit un coefficient de réduction de 0,40, calculé pour un local tenu à 10 °C.
Deux machines de chauffage pour trois volumes, et une troisième pour l’eau chaude. Le rez-de-chaussée et l’étage sont chauffés et rafraîchis par une pompe à chaleur à détente directe — coefficient de performance de 5,00 en chauffage, et un rapport d’efficacité énergétique (EER) de 4,37 en rafraîchissement — qui dessert des cassettes de faux plafond et des gainables, chaque local ayant sa sonde de température, l’ensemble repris sur une régulation centralisée depuis le local technique. La remise reçoit sa propre machine, dimensionnée pour le seul hors gel : un gainable unique, 1,5 kW absorbés contre 6,7 pour la partie tertiaire. L’eau chaude sanitaire vient d’une troisième pompe à chaleur, air-eau au R32, sur un ballon de 750 L avec bouclage et adoucisseur.
La ventilation suit le même découpage. Bureaux et vestiaires sont en simple flux, entrées d’air en menuiserie de 30 et 45 m³/h, caisson d’extraction de 900 m³/h à moteur à commutation électronique. La remise n’a aucune insufflation mécanique : une tourelle de 500 m³/h l’extrait, et l’air neuf entre par un volet de surpression à fonction antiretour. Les locaux techniques du service — laverie, appareils respiratoires isolants, rangement — ont chacun leur extracteur mural de 30 m³/h.
Les particularités : l’étage habité, l’alarme qui déverrouille, l’air comprimé
Parce que l’étage est lu comme du logement, il hérite d’exigences que le rez-de-chaussée n’a pas. La perméabilité à l’air prise au calcul n’est pas la même aux deux niveaux : 1,7 m³/(h·m²) sous 4 Pa en bas, 1,00 en haut — et cette valeur-là engageait un test d’étanchéité en fin de chantier. Les baies des locaux destinés au sommeil reçoivent des volets roulants, pour descendre le facteur solaire avec protection sous 0,15.
Côté électricité, l’alimentation arrive à une logette en limite de propriété, en branchement à puissance surveillée, derrière un disjoncteur général de 160 A à différentiel sélectif ; le régime de neutre est TT, sur un ceinturage de terre en cuivre de 35 mm² dont l’impédance de boucle reste sous 10 Ω. Les départs généraux sont sous-comptés — chauffage, ventilation avec un comptage par départ, force, prises —, ce qui rejoint l’exigence de mesure du calcul thermique. L’alarme est de type 3 : déclencheurs manuels, blocs autonomes sonores, blocs lumineux dans les locaux où l’on peut se trouver isolé, et un ordre de déverrouillage transmis à la centrale de contrôle d’accès dès le déclenchement — dans un bâtiment sous contrôle d’accès, l’évacuation prime.
Le lot fluides porte enfin un réseau d’air comprimé pour l’entretien des engins : tube aluminium en DN 25, 13 bars de pression de service, purgeurs automatiques en extrémité de branche et attentes à raccord rapide de sécurité. Le bureau écrira ensuite le même chapitre pour le bâtiment d’assemblage VoltAero, sur l’autre aéroport du même syndicat mixte, et pour les ateliers pilotes de Capsulae — deux opérations conduites avec le même architecte et le même BET structures.
Le résultat : conforme RT2012, et une question laissée ouverte
Le calcul remis en juin 2021 sort le bâtiment conforme sur ses deux indicateurs : besoin bioclimatique de 105,40 pour un maximum de 114,70, consommation conventionnelle de 97,2 kWhep/m²/an pour 106,2 — un peu plus de 8 % de marge de part et d’autre, sur une surface de calcul de 315,64 m². Les deux lots portés par FT2E sont estimés à 201 000 € HT au projet, soit un cinquième de l’enveloppe de travaux arrêtée à 971 000 € HT à l’avant-projet. Le chantier s’est ouvert en octobre 2021, et le bureau l’a suivi jusqu’aux opérations préalables à la réception, convoquées le 10 novembre 2022 après deux reports, les locaux étant annoncés à disposition quatre jours plus tard : un peu plus d’un an de chantier.
Le dossier laisse un point ouvert, et la fiche ne le tranche pas : les prestations supplémentaires chiffrées au projet — 24 panneaux photovoltaïques en toiture, une production d’eau chaude solaire, une borne de recharge — n’y sont pas suivies au-delà du chiffrage, et les pièces ne disent pas si elles ont été réalisées. Le dossier photovoltaïque devait passer devant la direction générale de l’aviation civile ; les comptes rendus de chantier le réclament onze fois, puis n’en parlent plus.
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