fiche d’affaire — industriel
Extension du bâtiment 5-8 de Fountaine Pajot, à Aigrefeuille-d’Aunis
Aigrefeuille-d’Aunis (17290) · livraison 2024
performance
Puissance utile foisonnée de l’extension : 500 kVA, réserve de 30 % comprise, prise sur un poste de transformation existant de 800 kVA · Traitement d’air : 24 000 m³/h avec free cooling au pré-équipement, 35 000 m³/h en tout air neuf au bâtiment Fly, pour des COP de 3,9 et 4,05 à +7 °C · Diffusion par gaines perforées à très haute induction, écart de température garanti à 1 °C dans le local · Récupération d’énergie sur l’air extrait étudiée en option : consommation de gaz ramenée de 173 000 à 22 000 kWh sur la période de chauffe étudiée
À Aigrefeuille-d’Aunis, le constructeur de catamarans Fountaine Pajot a étendu son bâtiment industriel 5-8 de quelque 2 412 m² : deux nefs jumelles de 23,35 m de travée sous 8 m de ferme, l’une pour le pré-équipement, l’autre pour le procédé d’infusion sous vide des coques. Le chantier s’est déroulé sur une usine en exploitation, dont les coupures devaient être planifiées rigoureusement. FT2E a porté deux lots au sein de la maîtrise d’œuvre : l’électricité courants forts et faibles avec la sécurité incendie, et le chauffage, la ventilation, la plomberie, l’air comprimé et les robinets d’incendie armés. L’extension ne reçoit aucune source neuve : ses 500 kVA sont pris sur le poste existant du site. Réception en 2024.
Lire le détail de l’affaire Replier
À Aigrefeuille-d’Aunis, Fountaine Pajot construit des catamarans rue du Fief Girard. Le chantier naval a fait étendre son bâtiment industriel 5-8 de quelque 2 412 m², sur un projet conduit par l’agence Sébastien Pellereau, mandataire du groupement de maîtrise d’œuvre. FT2E y a porté deux lots techniques sur une mission complète : l’électricité courants forts et courants faibles, sécurité incendie comprise, et le chauffage, la ventilation, la plomberie, l’air comprimé et les robinets d’incendie armés.
L’enjeu : deux nefs de plus sur un site qui ne s’arrête pas
Le programme tient en peu de lignes. Deux nefs identiques, 23,35 m de travée chacune, 8 m sous ferme — une hauteur que l’esquisse relie à la stabilité au feu d’une demi-heure exigée par la rubrique 2661 de la nomenclature des installations classées. Une allée de circulation de 6 m les sépare. Chacune est prévue pour porter deux ponts roulants de 2 × 3,2 tonnes, et la seconde reçoit des potences et des zones de retournement des moules. Au premier étage, une mezzanine de bureaux de 164 m². Les deux nefs ne font pas le même métier : la première, dite de pré-équipement, occupe 1 058 m² ; la seconde, dite Fly, occupe 1 375 m² et abrite le procédé d’infusion sous vide des coques.
L’extension ne se pose pas sur un terrain libre. Elle prend la place de l’atelier 4, désamianté en janvier 2024 puis démoli, et elle se greffe sur un site qui continue de produire. Le cahier des charges électrique en fait une contrainte de marché : les travaux sont réalisés sur un établissement en exploitation, certains en horaires décalés pour ne pas perturber le site, et la desserte en énergie de tous les locaux restant en activité doit être maintenue pendant les phases de bascule.
La solution : l’armoire générale de l’extension n’est pas dans l’extension
L’extension réclame 500 kVA de puissance utile foisonnée, réserve de 30 % comprise. Elle ne reçoit pourtant aucune source neuve : son alimentation générale part du poste de transformation existant du site, de 800 kVA, et le marché du lot électricité met à la charge de l’entreprise les démarches techniques auprès d’Enedis pour l’augmentation de la puissance souscrite.
D’où le parti qui commande tout le reste : l’armoire générale basse tension est posée non pas dans l’extension, mais dans l’atelier existant. Elle reçoit l’arrivée du poste sur un interrupteur général tétrapolaire de 800 ampères, en régime de neutre TN-S avec arrivée en TN-C, et garde en propre 30 % de réserve, en puissance comme en encombrement. Deux départs en sortent, de calibres très inégaux et de destinations plus inégales encore : un disjoncteur différentiel sélectif de 630 ampères alimente le tableau général de l’extension, qui n’existe pas encore au moment où l’armoire est posée ; un disjoncteur de 250 ampères alimente l’armoire de la centrale de traitement d’air du pré-équipement, montée avant la charpente de la nef que cette centrale desservira. À l’autre bout, l’armoire de l’atelier 4 est neutralisée avant la démolition et déposée, et ses circuits sont repris depuis les bureaux.
Le tableau général de l’extension distribue ensuite l’atelier : les ponts roulants sur un disjoncteur à courbe D, calibré pour leur appel de démarrage, l’éclairage à huit luminaires au plus par phase, les enrouleurs par groupes de trois, et un tableau divisionnaire pour la mezzanine de bureaux. L’arrêt d’urgence du tableau général, en façade, ne coupe pas les installations de sécurité ; celui de la ventilation est accessible depuis deux points au moins de l’établissement, ne coupe pas la ventilation permanente, et son câblage résiste au feu.
Les particularités : deux nefs jumelles, tout le reste pris sur l’existant
Sous une même enveloppe, les deux nefs reçoivent des traitements d’air inverses. Le pré-équipement est ventilé par une seule centrale thermodynamique de 24 000 m³/h, munie d’un caisson de mélange à deux volets qui permet de basculer en free cooling : son air extrait peut être recyclé. Le bâtiment Fly ne le peut pas. Les prescriptions de la CARSAT, la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail, y imposent le tout air neuf, sans que l’air extrait entre jamais en contact avec l’air soufflé — il faut donc deux machines, une centrale de soufflage de 35 000 m³/h et une centrale de reprise du même débit. La contrainte est la même qu’à l’atelier de composite de Dufour Yachts, à Périgny, et elle a la même conséquence : toute la chaleur payée pour tempérer cet air part dehors.
FT2E a donc étudié, et chiffré en option, une récupération d’énergie sur l’air extrait, par batteries à eau reliées en boucle glycolée, qui échangent les calories entre les deux flux sans jamais les mettre en contact. Sur la période de chauffe étudiée, la consommation de gaz de la centrale passerait de 173 000 à 22 000 kWh, et la note conclut à un temps de retour compris entre quatre et six ans.
Dans les deux nefs, l’air est diffusé par des gaines d’acier perforées à très haute induction, en pulsion tangentielle, dont le percement est calculé pour garantir un écart de température de 1 °C au plus dans le local ; la reprise se fait par des grilles de 4 375 m³/h à registre de réglage, en partie basse.
La sécurité incendie suit deux périmètres qui ne coïncident ni l’un ni l’autre avec le chantier. À la demande de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), au titre de l’arrêté du 14 février 2000 sur les installations classées de la rubrique 2661, le système de sécurité incendie de catégorie A couvre en alarme l’ensemble du bâtiment attenant à l’extension — donc bien au-delà des travaux — tandis que la détection automatique, elle, ne couvre que la zone Fly. Elle s’y fait par aspiration, technique adaptée aux grands volumes empoussiérés, et son déclenchement entraîne l’évacuation, le désenfumage et, en sous-fonction, l’arrêt technique de la ventilation. La centrale de détection est posée à l’accueil, dans le bâtiment existant. Une adaptation des installations de sécurité incendie existantes a dû être prévue, afin de garantir un système unique de détection incendie pour le site.
Le reste des fluides suit la même logique que l’électricité : rien ne se produit sur place. L’air comprimé prolonge le réseau du bâtiment 8 voisin, bouclé une fois pour le pré-équipement et deux fois pour le bâtiment Fly, en aluminium de 50 mm sous 13 bars, avec des attentes à deux raccords rapides et des enrouleurs de 12 m aux postes de travail — la même façon de livrer ses utilités à un procédé qu’aux ateliers pilotes Capsulae de La Rochelle. Les robinets d’incendie armés partent du surpresseur existant, l’eau froide du réseau sanitaire du bâtiment, le gaz des rampes du bâtiment 5-8 sous 300 mbar. À l’inverse, ce que l’extension recouvre doit céder la place : les centrales de traitement d’air du bâtiment 5-8 sont déposées, et les rejets de la ventilation double flux du bâtiment 8 sont dévoyés jusqu’en façade, au-dessus de la construction neuve.
Le résultat : seize lots, une réception visée pour octobre 2024
Le chantier a été ouvert le 18 décembre 2023 et conduit en seize lots, sous la coordination d’un pilote extérieur au groupement. Les deux lots techniques de FT2E ont couru de mars à octobre 2024, et la réception était visée pour le 18 octobre. C’est la première des deux opérations que le bureau a conduites dans la zone du Fief Girard : la restructuration du siège de la RESE, engagée en 2024, se mène elle aussi sans interrompre l’activité du site.
Un projet similaire ?
Discutons de votre programme — nous identifierons les lots techniques à mobiliser.