fiche d’affaire — industriel
Projet GAELIC : laboratoires et bureaux d’Innov’ia, à La Rochelle
La Rochelle (17000) · livraison 2022
performance
Calcul RT2012 sur les parties neuves : Bbio 78,6 pour 90 exigés, Cep 54,9 kWhep/m²/an pour 140 admis, Tic 33 °C pour 34,9 — 12,67 % et 60,79 % de marge · Surface RT 485,90 m², surface utile 441,73 m², en une seule zone d’usage Industrie · Partie restructurée traitée sous l’arrêté du 3 mai 2007, réglementation par éléments · Trois centrales double flux à échangeur à contre-courant, efficacité jusqu’à 80 % : 510, 430 et 850 m³/h · Cinq extractions dédiées aux locaux d’essai, de 100 à 190 m³/h · Pompe à chaleur à détente directe, COP 3,74 en chauffage et EER 2,6 en refroidissement
Rue Charles Tellier, à La Rochelle, le groupe agroalimentaire Innov’ia a fait restructurer un bâtiment de production en laboratoires et lui a adjoint deux volumes neufs : un bâtiment de liaison et un open space de 209,90 m². FT2E y tient les lots électricité et chauffage-ventilation-plomberie-air comprimé au sein du groupement réuni autour de SD Architectes, ainsi que les deux études thermiques que l’opération appelle. L’arrêté du 28 décembre 2012 y produit deux découpages qui ne se superposent nulle part : au calcul, tout le neuf ne forme qu’une zone d’un seul usage industriel ; à la ventilation, chaque volume reçoit sa propre centrale et chaque local d’essai son extraction. Réception en 2022.
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Rue Charles Tellier, dans la zone Agrocéan de La Rochelle, le groupe agroalimentaire Innov’ia exploite un site de production que le projet GAELIC est venu remanier. L’opération tient en trois gestes, que dit le contrat de maîtrise d’œuvre : restructurer un bâtiment existant en laboratoires, construire un bâtiment de liaison, et lui adjoindre un open space. Soit 934,74 m² de surface de plancher sur deux parcelles de la zone UX, pour un montant de travaux estimé à 1 391 645 € HT au contrat, en deux phases. FT2E est le bureau d’études fluides du groupement de maîtrise d’œuvre réuni autour de SD Architectes, avec le BET Boulard pour les structures — le même attelage que celui des ateliers pilotes Capsulae, société du groupe Innov’ia, qui bâtit plus tard ses propres ateliers sur le même site.
L’enjeu : un bâtiment, deux corps de règles thermiques
Le programme réunit sous un même toit des choses qui n’ont pas le même âge. Le laboratoire s’installe dans de l’existant que l’on restructure ; le bâtiment de liaison et l’open space sortent de terre. La différence n’est pas seulement constructive : elle commande deux réglementations thermiques distinctes, et FT2E a produit les deux études thermiques sous le même numéro d’affaire.
Les parties neuves relèvent de la RT2012 et doivent en apporter la preuve par le calcul : trois indicateurs, trois plafonds. Le besoin bioclimatique ressort à 78,6 pour 90 exigés, la consommation conventionnelle à 54,9 kWhep/m²/an pour 140 admis, la température intérieure conventionnelle à 33 °C pour 34,9 — 12,67 % de marge sur le besoin et 60,79 % sur la consommation, pour une surface RT de 485,90 m². La partie restructurée, elle, relève de l’arrêté du 3 mai 2007 : sous le seuil de 1 000 m², c’est la réglementation dite par éléments, qui ne calcule rien et n’exige qu’une chose, paroi par paroi et équipement par équipement — et seulement sur ce que le projet touche. Le même texte gouverne l’ancien siège communautaire de Marennes, resté tout entier sous ce seuil.
La limite entre les deux passe donc à l’intérieur du bâtiment construit, et le calcul RT2012 la traite comme une façade : deux murs intérieurs y portent leur propre coefficient de transmission, celui qui sépare la liaison de l’existant et celui qui sépare l’open space des laboratoires. C’est la figure du bâtiment SSLIA de l’aéroport de La Rochelle, à une différence près : là, le volume laissé hors du calcul ne relevait d’aucune autre réglementation ; ici, il passe sous un second corps de règles.
La solution : un seul usage au calcul, aucun air partagé
C’est ensuite le même arrêté du 28 décembre 2012 qui produit deux découpages opposés du même bâtiment, et c’est là ce que l’affaire a de singulier.
Au calcul, l’étude ne connaît qu’une seule zone, et d’un seul usage. La note de synthèse en donne le motif : l’open space et l’accueil étant rattachés à la zone de production, les locaux ont été considérés avec un usage Industrie. Un plateau de bureaux de 209,90 m², un accueil, une salle de pause et cinq boxes sont donc calculés comme de l’industrie, parce qu’ils desservent la production et ne s’en séparent pas. Une zone, un usage, un jeu de plafonds.
À la ventilation, le même texte impose l’inverse. Son article 20 veut que des locaux d’usages nettement différents soient ventilés par des systèmes indépendants — et le lot chauffage-ventilation l’exécute à la lettre : trois centrales double flux, une par volume, aucune mutualisée. Celle du laboratoire souffle 510 m³/h, celle du bâtiment de liaison 430, celle de l’open space 850. Toutes trois récupèrent la chaleur ou la fraîcheur de l’air repris par un échangeur à contre-courant dont l’efficacité peut atteindre 80 %, avec free cooling en demi-saison et protection antigel par gestion des débits.
En dessous, le laboratoire ajoute une couche que rien ne relie au reste : cinq caissons d’extraction, un par local d’essai, dimensionnés chacun sur ce qui s’y fait — 190 m³/h pour la réalisation de maquettes liquides, 175 pour les caractérisations physico-chimiques, 150 pour le pilote de laboratoire, 100 pour la maquette poudre et autant pour le local mixte liquides et solide. Ces flux ne repassent par aucun échangeur : ce qui sort d’un local d’essai est jeté. Le lot livre en outre les sorties de toiture et les conduits des hottes et sorbonnes à venir, que le programme réserve sans les installer.
Le résultat se lit d’une phrase : dans le seul périmètre du calcul, deux centrales indépendantes desservent ce que ce calcul tient pour un seul et même usage. Les deux découpages ne coïncident nulle part.
Les particularités : trois réseaux pris sur l’existant
Le chantier se déroule sur un site industriel en exploitation, et le cahier des charges du lot électricité en fait une prescription plutôt qu’une précaution : la desserte en énergie ne doit pas s’interrompre, et tout circuit en cours d’installation reste isolé. Le tableau général basse tension existant est déplacé et adapté, et l’alimentation en tarif jaune reste commune au bâtiment restructuré et à son extension.
Deux autres réseaux sont pris sur l’existant plutôt que créés. Le réseau de gaz qui courait en façade est dévoyé par la toiture. L’air comprimé vient du bâtiment voisin, en alliage d’aluminium de 50 mm sous 13 bars — et il est bouclé : l’anneau ceinture le bâtiment, et des vannes permettent d’alimenter une moitié du circuit en fermant l’autre pour une intervention de maintenance. Sur un site qui ne s’arrête pas, un réseau maillé se répare sans priver les postes de travail.
Le chauffage et le rafraîchissement passent par une pompe à chaleur à détente directe à deux tubes, de COP 3,74 et d’EER 2,6, avec des cassettes en faux plafond et un gainable dans le pilote de laboratoire, pilotés depuis l’automate du local technique. L’armoire du lot porte cinq compteurs d’énergie à sortie d’impulsions — unités extérieures, unités intérieures, ventilation simple flux, ballon d’eau chaude et centrale double flux —, de sorte que chaque usage se mesure séparément. Et la centrale de l’open space est volontairement plus grande que son besoin : le descriptif la dimensionne pour 1 600 m³/h quand le débit du jour plafonne à 850, une extension future étant déjà envisagée.
Le résultat : deux réceptions, et des plans qui suivent
Les travaux ont été conduits en deux temps : le laboratoire et la liaison hors d’eau hors d’air d’abord, l’open space et les aménagements extérieurs ensuite. Les opérations préalables à la réception de la première phase ont eu lieu le 20 décembre 2021, celles de la seconde le 14 février 2022, la réception suivant la levée des réserves. FT2E a assuré la direction de l’exécution et l’assistance aux opérations de réception pour ses deux lots, et le suivi de chantier s’est étendu sur un an.
Il s’est prolongé au-delà : en février 2022, c’est l’entreprise titulaire du lot chauffage-ventilation, et non le maître d’ouvrage, qui a commandé au bureau la mise à jour des plans de récolement de son propre lot — cheminements repris dans la zone technique au-dessus des laboratoires, cassettes recalepinées, bouches de ventilation modifiées, et deux demandes tardives du maître d’ouvrage à intégrer, la ventilation de la machine du pilote de laboratoire et celle de la chambre noire. La date exacte de la réception, prononcée après la levée des réserves, n’est pas au dossier.
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