fiche d’affaire — logements
Habitat inclusif de quatorze logements à Salignac-sur-Charente
Salignac-sur-Charente (17800) · livraison 2026
performance
RE2020 (logements) et RT2012 (espace commun) · Cep,nr −4,8 % · Bbio −50,3 % et −5,2 %
Route du Tourniquet, à Salignac-sur-Charente, H Property fait construire un habitat inclusif destiné à la Fédération ADMR de la Charente-Maritime : 14 studios de plain-pied, en deux rangées de part et d’autre d’une circulation, autour d’un espace commun. Une seule enveloppe, mais deux régimes thermiques — les logements relèvent de la RE2020, l’espace commun reste sous la RT2012, faute d’usage correspondant. Le partage se lit jusque dans l’étanchéité à l’air, tenue à 0,8 m³/(h·m²) côté logements et laissée à la valeur par défaut côté commun. FT2E a porté les trois domaines techniques et les études réglementaires, en contrat direct avec le maître d’ouvrage.
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Route du Tourniquet, à Salignac-sur-Charente, H Property fait construire un habitat inclusif : quatorze studios de plain-pied autour d’un espace commun, destinés à être exploités par la Fédération ADMR de la Charente-Maritime. Un seul bâtiment, deux rangées de sept logements de part et d’autre d’une circulation, une salle commune, une buanderie, une lingerie et un bureau à l’est. FT2E a porté les trois domaines techniques — chauffage-ventilation, plomberie sanitaire, électricité courants forts et courants faibles — et les études réglementaires, en contrat direct avec le maître d’ouvrage, au sein de l’équipe réunie autour de CASE Architectes. L’affaire s’ouvre sur les premiers plans de l’architecte ; le chantier a été ouvert le 14 novembre 2024 pour treize mois.
L’enjeu : une seule enveloppe, deux régimes thermiques
Le permis de construire a été déposé le 20 mars 2024. À cette date, les quatorze logements relèvent de la réglementation environnementale 2020. L’espace commun, lui, n’est ni du logement, ni un bureau, ni un local d’enseignement — les trois usages entrés dans le champ de la RE2020 au moment de l’étude. Il en sort, et reste soumis à la réglementation thermique 2012, sous l’usage « hébergement ». Une enveloppe continue, deux calculs, deux jeux d’indicateurs qui ne se recouvrent pas : six indicateurs, dont deux de carbone, d’un côté ; trois exigences de l’autre.
Le partage ne reste pas théorique. Il se lit d’abord sur l’étanchéité à l’air : les logements sont tenus à 0,8 m³/(h·m²) sous 4 Pa et devront le prouver par une mesure en fin de chantier, quand l’espace commun s’en tient à la valeur par défaut de 1,7, sans test — deux niveaux d’exigence dans une maçonnerie que les entreprises montent d’un seul tenant. Il se lit ensuite sur le confort d’été, compté en degrés-heures d’inconfort d’un côté, en température intérieure conventionnelle de l’autre. Il commande enfin le choix des machines.
Une troisième règle se superpose aux deux premières. L’espace commun reçoit du public : il est classé établissement recevant du public (ERP) de type L, cinquième catégorie. Le bâtiment reçoit un équipement d’alarme de type 4, avec déclencheurs manuels au droit de chaque issue et diffusion du signal d’évacuation sans temporisation, tandis que les logements relèvent du seul détecteur avertisseur autonome de fumée. Le terrain, enfin, est situé dans les abords d’un monument historique : le permis, accordé le 15 mai 2024, vise l’avis favorable assorti de prescriptions de l’architecte des Bâtiments de France.
La solution : panneaux rayonnants aux studios, pompe à chaleur au commun
Les quatorze studios font en moyenne 34,9 m² — un séjour d’une vingtaine de mètres carrés, une entrée, une salle d’eau —, soit 488,81 m² habitables. Ils sont chauffés par des panneaux rayonnants à détection d’occupation et commande par fil pilote à six ordres, complétés d’un sèche-serviettes de 750 W, et l’eau chaude sanitaire est produite dans chaque logement par un chauffe-eau thermodynamique sur air extérieur de 100 litres, de coefficient de performance 2,66 selon la norme NF EN 16147 — panneaux rayonnants et ballon thermodynamique individuel, le même couple qu’à la résidence intergénérationnelle de Saint-Agnant. La ventilation est hygroréglable de type B, avec des bouches qui suivent l’usage plutôt qu’un programme : débit de pointe temporisé trente minutes en cuisine, déclenché par bouton poussoir ; détection de présence intégrée à la bouche de salle d’eau. Les entrées d’air sont acoustiques, les gaines rigides et galvanisées obligatoires, et un test d’étanchéité du réseau doit valider la classe A retenue au calcul.
L’espace commun — 152,16 m² utiles — relève d’une autre logique, dictée par sa réglementation. Il est chauffé par une pompe à chaleur à détente directe — coefficient de performance 4,29, fonctionnement garanti en chaud de −20 à +32 °C — desservant des cassettes quatre voies intégrées au faux plafond, de 2,5 kW, pilotées depuis un automate au local technique. Cette machine est réversible par construction : elle est bloquée en chaud seul, explicitement « pour la conformité RT2012 ». Les évacuations de condensats sont malgré tout prévues, pour que la réversibilité reste possible plus tard. La salle commune reçoit en outre une centrale de traitement d’air double flux décentralisée, à échangeur à contre-courant de rendement supérieur à 90 %, by-pass modulant intégral et régulation sur sonde de dioxyde de carbone : 405 m³/h soufflés et repris, pour 132 W. Le reste des locaux communs est ventilé en simple flux.
Le lot électricité couvre les courants forts et les courants faibles et dimensionne le raccordement : quatorze branchements de logement dont la puissance se détermine par la surface habitable — 6 kVA monophasé jusqu’à 35 m² —, 3 kW de chauffage par logement soit 42 kW installés, 36 kVA triphasé pour les services généraux — éclairage extérieur, interphonie, alarme incendie, alarme technique, ballon d’eau chaude, plaque de cuisson, lave-linge et sèche-linge des communs, centrale double flux, ventilation simple flux. Le bilan foisonné s’établit à 119 kVA utiles, sans poste de distribution intégré au bâtiment. Le parc de stationnement, que le cahier des charges range dans la tranche de dix à vingt places, relève de la loi d’orientation des mobilités : des fourreaux desservent 100 % des places et 22 kVA sont réservés au local technique pour l’infrastructure de recharge des véhicules électriques (IRVE).
Les particularités : l’enveloppe décide, l’usage commande le reste
L’enveloppe est soignée : murs doublés de 160 mm d’isolant pour un coefficient de transmission thermique inférieur à 0,193 W/(m²·K), combles isolés par 585 mm d’isolant pulsé pour descendre à 0,0861, plancher sur terre-plein isolé par 120 mm sous chape, menuiseries à double vitrage argon de coefficient au plus égal à 1,30. Le résultat est net sur le besoin bioclimatique des logements : 37,1 points pour un maximum de 74,7, soit 50,3 % sous l’exigence. L’indicateur qui décide, pourtant, n’est pas celui-là.
C’est la consommation d’énergie primaire non renouvelable qui borne le projet, à 84,0 kWhep/m²/an pour un plafond de 88,2 : 4,8 % de marge. Les deux valeurs de consommation sont d’ailleurs identiques — 84,0 en énergie primaire totale comme en part non renouvelable —, parce que le calcul ne décompte aucune énergie renouvelable. Le chauffage est électrique direct, l’eau chaude thermodynamique : l’enveloppe fait tout le travail. Côté espace commun, la marge la plus étroite est à l’inverse celle du besoin bioclimatique — 56,9 pour 60,0, soit 5,2 %. Entre le rendu de projet d’avril 2024 et le dossier de consultation de juin, presque toutes les marges se sont resserrées des deux côtés — le confort d’été de l’espace commun excepté : celui des logements, notamment, est passé de 775,2 degrés-heures pour un plafond de 1 250 à 1 059,7 pour un plafond de 1 150.
Le reste des particularités ne se lit pas dans les indicateurs, mais dans les arbitrages de conception. Un habitat inclusif n’est ni un immeuble de logements ni un établissement médico-social, et la réunion de suivi de janvier 2024 le montre poste par poste : barres de relèvement à la douche et aux toilettes ; sèche-serviettes remonté au-dessus du fauteuil, à hauteur d’usage de la douche ; meubles-vasque de 70 cm à dosseret et miroir panoramique ; poignées de porte intégrées plutôt qu’en saillie ; pas de prise de courant sur les terrasses privatives ; pas de robinet de puisage dans les logements, mais un pour la zone de tri et un pour le potager ; pas de visiophonie, mais un interphone à l’entrée dont la sonnerie retentit dans la pièce commune. Enfin, chaque logement reçoit son alimentation d’eau froide individuelle depuis le compteur général et son sous-comptage au local technique, la répartition restant à la charge de l’exploitant — un comptage par logement que porte aussi, sur la chaleur comme sur l’eau, la maison relais de Saint-Jean-d’Angély.
Le résultat : conforme des deux côtés
Les deux calculs concluent à la conformité. Côté RE2020, les logements consomment 84,0 kWhep/m²/an d’énergie primaire pour un maximum de 107,1, et l’impact carbone de leur énergie ressort à 102,7 kg éq. CO₂/m² pour une exigence à 705,6. Côté RT2012, l’espace commun consomme 82,0 kWhep/m²/an pour un maximum de 90,0, et sa température intérieure conventionnelle s’établit à 28,6 °C pour une référence à 33,7 °C. Aucune labellisation n’était recherchée. L’impact carbone de la construction reste à produire.
Le Consuel et le bureau de contrôle sont intervenus le 2 décembre 2025, le test d’étanchéité à l’air et l’essai acoustique ont été passés le 18 décembre, les ballons d’eau chaude, la pompe à chaleur et la centrale de traitement d’air de la salle commune et la station de relevage ont été mis en service en janvier 2026, et les dossiers des ouvrages exécutés ont été remis lot par lot.
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