fiche d’affaire — monotechnique — audit
Remplacement de la chaufferie fioul de l’école maternelle de La Flotte-en-Ré
La Flotte-en-Ré (17630) · livraison 2023
performance
Deux pompes à chaleur air/eau de 76,5 kW à −2 °C extérieur, régime 60/55 °C, COP 2,22 · plateforme technique de 14 m sur 4 m dessinée pour quatre machines — deux installées, deux portées au plan de masse en emplacement futur · raccordement du site porté de 72 à 250 kVA, pour une puissance utile cible de 200 kVA · échangeur à plaques de 200 kW conçu pour doubler par ajout de plaques · 120 mètres de tranchée, deux regards de vannes et un fourreau de 63 mm vers les futures sous-stations · cuve fioul de 5 000 litres neutralisée
La commune de La Flotte-en-Ré nous a confié le remplacement de la chaufferie fioul de son école maternelle par des pompes à chaleur. Le groupe scolaire compte deux autres bâtiments à chauffer, l’école primaire et l’accueil de loisirs, mais seule la maternelle était commandée. Nous avons donc partagé l’installation selon un seul critère : ce qui ne se reprend pas sans rouvrir la cour a été dimensionné pour la suite, ce qui s’ajoute plus tard a été posé au juste besoin. Le raccordement électrique et la plateforme valent pour quatre machines, la tranchée et ses regards pour les trois bâtiments ; deux machines sont installées.
Lire le détail de l’affaire Replier
Le groupe scolaire de La Flotte-en-Ré réunit une école maternelle, une école primaire et un accueil de loisirs. Les deux écoles étaient chauffées au fioul. La commune nous a confié le remplacement de la chaufferie de la maternelle par des pompes à chaleur, en maîtrise d’œuvre sur un lot unique. Sur l’île, il n’y a pas de gaz de ville : notre première mission n’a pas été de dessiner cette installation, mais de comparer deux façons de sortir du fioul — une pompe à chaleur par école, ou une chaufferie bois commune aux deux.
L’enjeu : une tranche commandée, trois bâtiments à desservir
Seule la maternelle était commandée. L’école primaire gardait sa chaudière fioul, l’accueil de loisirs n’était pas au programme, et rien ne disait quand ils suivraient. Une chaufferie ne se pose pourtant pas deux fois : la cour d’une école se rouvre difficilement, un abonnement se renégocie une fois, une plateforme métallique se boulonne à ses platines.
Le partage s’est donc fait sur un seul critère : ce qui ne se reprend pas sans rouvrir la cour est dimensionné pour la suite ; ce qui s’ajoute par la suite est posé au juste besoin de la maternelle.
La solution : quatre machines au branchement, deux sur la plateforme
Deux pompes à chaleur air/eau haute température assurent le chauffage de la maternelle : 76,5 kW chacune à −2 °C extérieur, en régime 60/55 °C, pour un COP de 2,22. Elles occupent la moitié d’une plateforme en acier galvanisé de 14 m sur 4 m, dont le plan de masse porte les deux emplacements restants sous la mention « emplacement futur PAC ». La plateforme est posée sur platines, avec escalier, garde-corps et jupes verticales sur trois côtés pour interdire aux enfants l’accès à son dessous.
L’électricité suit la même règle. Le site était abonné à 72 kVA. Plutôt que de porter cette puissance à ce qu’exigent deux machines, nous avons demandé une logette de comptage à puissance surveillée de 250 kVA, dimensionnée sur une puissance utile de 200 kVA — quatre pompes à chaleur de 49 kVA et leurs auxiliaires. Le tableau divisionnaire des machines garde la place de deux départs supplémentaires, et 30 % de son volume reste libre.
Dans le local technique, un ballon tampon de 1 000 litres et un échangeur à plaques séparent le circuit des machines du réseau de distribution : 60/55 °C côté pompes à chaleur, 57/52 °C côté primaire. L’échangeur est donné pour 200 kW, mais son bâti est conçu pour que cette puissance double par simple ajout de plaques. Cette réserve n’est ni un vide ni une place libre : c’est un organe que l’on complète.
Du local technique part un réseau enterré pré-isolé, sur 120 mètres de tranchée. Il alimente aujourd’hui la seule sous-station de la maternelle, où une bouteille de mélange reprend les réseaux existants. Deux regards de vannes ont pourtant été posés au passage — l’un au droit de la chaufferie de l’école primaire, l’autre près de l’accueil de loisirs — et un fourreau aiguillé de 63 mm accompagne le réseau jusqu’aux sous-stations à venir. La cuve fioul de 5 000 litres a été vidangée, dégazée, puis remplie de sable.
La particularité : le poste le plus long était le poste anticipé
Le chantier s’est tenu en neuf réunions, de mai 2022 à octobre 2023 — exactement le nombre que la mission avait prévu. Les fouilles archéologiques, les tranchées et la reprise des surfaces ont été menées dans le même été. L’alimentation électrique, elle, est restée à 90 % de septembre à mai : près de huit mois d’attente du distributeur, une saison de chauffe entière, et un compte rendu qui, faute de mieux, fixe la réunion suivante « à définir suivant travaux ENEDIS ».
C’est le paradoxe de l’anticipation : le poste dimensionné pour les extensions à venir est celui qui a coûté le plus de temps.
Le résultat
Le fioul a quitté l’école maternelle, remplacé par 153 kW de production thermodynamique. Les travaux se sont achevés en octobre 2023, sur trois réserves. Le reste du groupe scolaire attend derrière deux regards de vannes, une plateforme à moitié vide et un tableau qui a gardé ses places : le jour où la commune engagera la suite, il n’y aura ni tranchée à rouvrir, ni abonnement à renégocier.
Cette affaire tient au format court que nous portons souvent, et que décrit la page monotechnique : une étude qui ouvre le sujet — ici une comparaison d’énergies, puis un audit thermique du groupe scolaire —, et un seul lot technique mené jusqu’à la réception. Sur les sept sites médico-sociaux de l’ADEI, la même question du remplacement d’une chaudière a reçu trois réponses différentes ; au restaurant scolaire de Villedoux, l’étude est restée seule, la mission s’arrêtant au rapport. Sur l’île de Ré, où nous sommes aussi intervenus pour la mairie des Portes-en-Ré, l’autre branche de l’alternative étudiée ici a été retenue ailleurs : au foyer de Saint-Martin-de-Ré, c’est une chaufferie bois qui dessert désormais tout le site.
Un projet similaire ?
Discutons de votre programme — nous identifierons les lots techniques à mobiliser.