fiche d’affaire — tertiaire / erp
Siège et ateliers d’Eiffage Énergie Systèmes à Saint-Jean-d’Angély
Saint-Jean-d’Angély (17400) · livraison 2023
performance
RT2012 : Bbio 115,6 pour un maximum de 140, Cep 88,6 kWhep/m²/an pour 110 admis — soit 17,43 et 19,45 % de mieux · Pompe à chaleur à détente directe à récupération d’énergie, COP 4,37 en chauffage et EER 3,94 en refroidissement · Centrale double flux à échangeur à contre-courant, efficacité jusqu’à 80 %, by-pass total en demi-saison · 142 kVA de puissance utile foisonnée, réserve de 30 % comprise
Au bord de la départementale 939, à Saint-Jean-d’Angély, Eiffage Énergie Systèmes fait construire le siège et les ateliers de son agence Poitou-Charentes : 1 544 m² de plancher en deux bâtiments, les bureaux d’un côté, l’atelier et le magasin de l’autre. FT2E y tient les deux lots techniques au sein du groupement réuni par Impact Urbanisme, de l’étude thermique à la direction de l’exécution. Le chauffage et le rafraîchissement passent par une pompe à chaleur à détente directe à récupération d’énergie : deux tubes seulement, et des boîtiers qui orientent chaque branche, de sorte que la chaleur ôtée d’un bureau reparte vers celui qui la demande au lieu de sortir du bâtiment. Réception fin janvier 2023.
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À la sortie de Saint-Jean-d’Angély, le long de la départementale 939, un terrain nu de 15 079 m² au lieu-dit La Croix Rouge. Eiffage Énergie Systèmes y installe le siège et les ateliers de son agence Poitou-Charentes : deux bâtiments reliés par un hall, des bureaux sur deux niveaux d’un côté, un atelier et un magasin de l’autre, 1 544 m² de surface de plancher. Le bureau d’études a tenu les deux lots techniques de l’opération, pour un client qui allait poser lui-même les réseaux que le bureau lui dessinait.
L’enjeu : écrire un cahier des charges que le client va exécuter
L’affaire commence par un courriel du 21 septembre 2020. L’architecte Alain Gry, d’Impact Urbanisme, consulte ses cotraitants habituels et pose d’emblée la particularité de l’opération : « Les travaux plomberie et électricité devraient également être réalisés par eux mais on aurait le suivi. » Le maître d’ouvrage est une entreprise d’installation électrique et de génie climatique ; il fera ses propres lots techniques.
C’est ce qui s’est passé. Le groupement de maîtrise d’œuvre, arrêté le 5 octobre 2020, réunit quatre cotraitants conjoints et solidaires — Impact Urbanisme comme architecte mandataire, le bureau d’études structure EBLL, un économiste de la construction, et FT2E pour les fluides —, dont trois se retrouveront en 2024 sur la passerelle de l’écluse du Carreau d’Or à Marans. La mission est complète, de l’esquisse au dossier des ouvrages exécutés, avec une visite de chantier par semaine. Douze lots de travaux sont consultés ; le lot chauffage-ventilation-plomberie et le lot électricité sont attribués au maître d’ouvrage lui-même, et la voirie à une société sœur du même groupe.
Le bureau a donc rédigé, visé et suivi des cahiers des clauses techniques que son client allait mettre en œuvre. Cela se lit dans le partage des tâches : le lot électricité laisse au maître d’ouvrage l’installation photovoltaïque et les équipements actifs du réseau informatique, mais réserve au tableau général les disjoncteurs de raccordement des coffrets à courant alternatif de la future centrale — l’ouvrage garde la place d’une production que son propriétaire posera de sa main. Le premier compte rendu de chantier réclame d’ailleurs au maître d’ouvrage la puissance électrique des panneaux, que la maîtrise d’œuvre n’a pas.
La solution : la chaleur change de bureau au lieu de sortir
Le lot chauffage-ventilation-plomberie, remis en juillet 2021, retient une pompe à chaleur à détente directe à récupération d’énergie, au fluide R410A, à compresseurs pilotés en fréquence variable, et — c’est ce qui décide du reste — de nature à deux tubes. Deux tubes seulement partent de l’unité extérieure ; ce n’est donc pas elle qui répartit le chaud et le froid entre les locaux. C’est un boîtier principal, relayé par des boîtiers secondaires à quatre et à huit départs, qui sépare le liquide du gaz et oriente chaque branche vers ce qu’elle demande.
La conséquence est celle qu’on attend d’un bâtiment de bureaux orienté est-ouest, dont la synthèse thermique impose d’ailleurs des vitrages à contrôle solaire sur ces deux façades : à la mi-saison, les bureaux exposés au soleil demandent du froid pendant que ceux de l’autre façade demandent du chaud, au même instant. La chaleur retirée d’un bureau n’est pas rejetée à l’extérieur : elle redescend vers un autre par le même couple de tubes, et l’unité extérieure ne traite que le solde. Les valeurs certifiées portées au marché sont un coefficient de performance de 4,37 en chauffage, pour 14,41 kW absorbés, et un rapport d’efficacité énergétique (EER) de 3,94 en refroidissement, pour 15,98 kW.
Un local du bâtiment fait exception, et c’est lui qui démontre le principe : le local serveur reçoit sa propre machine, une unité extérieure et une unité intérieure qui ne desservent que lui, sans boîtier de récupération. Il demande du froid toute l’année et n’a jamais rien à rendre au reste du bâtiment ; le sortir du système est la seule manière de ne pas le laisser peser sur lui. Aux terminaux, trois modèles de cassettes de 600 × 600 mm en faux plafond — 1,7, 2,5 et 3,2 kW en chauffage — et deux modèles de gainables, de 3,6 et 4,5 kW, avec une sonde de température par local et moins de 30 dB(A) de pression sonore. Une régulation centralisée à écran tactile gouverne l’ensemble par zones : marche, consigne, programmation à l’année, et bascule chauffage-rafraîchissement en automatique.
Les particularités : l’air commandé par le dioxyde de carbone, la réserve partout
La ventilation ne suit pas le même régime que la thermique. Une centrale double flux, en local technique, dessert les locaux occupés aux horaires de bureaux : échangeur air-air à contre-courant d’une efficacité annoncée jusqu’à 80 %, by-pass à 100 % pour le rafraîchissement gratuit de demi-saison, batterie électrique antigel de 6 kW sur l’air neuf, 2 000 m³/h au débit maximal pour 600 W par ventilateur. À côté d’elle, un caisson d’extraction simple flux fonctionne en permanence, agréé 400 °C pendant une demi-heure, pour 630 m³/h et 140 W.
Deux locaux échappent au débit constant. La salle de réunion et le réfectoire reçoivent une régulation proportionnelle commandée par une sonde de dioxyde de carbone posée en reprise dans le conduit : deux registres motorisés en signal 0-10 V, l’un au soufflage et l’autre à l’extraction, et un registre à iris fixe pour donner de l’autorité au premier. Le débit descend à un dixième du nominal quand la salle est vide. C’est le même raisonnement qu’au siège du RESE à Aigrefeuille, où chaque régime d’air est commandé par ce qui l’exige.
Deux machines dans une même enveloppe ne s’ignorent pas, et le chantier l’a rappelé : la réunion fluides du 27 juin 2022, consacrée aux deux lots, décide de réduire la reprise de la centrale double flux pour compenser l’extraction permanente, sous réserve de vérification auprès du fabricant. La même réunion supprime les entrées d’air en menuiserie et ajoute deux reprises dans le premier bâtiment pour équilibrer la distribution.
Côté électricité, le bâtiment relève du code du travail et non du règlement des établissements recevant du public : il reçoit un équipement d’alarme de type 3, sans temporisation, qui déverrouille les issues contrôlées au déclenchement — là où le clocher de Saint-Sauveur relève, en type V, d’un type 4. L’alimentation arrive par une logette en limite de propriété, sous un branchement à puissance surveillée et un disjoncteur général de 250 A, pour 142 kVA de puissance utile foisonnée. Le tableau général, les trois tableaux divisionnaires et les chemins de câbles sont tous dimensionnés avec 30 % de réserve, et l’un des divisionnaires l’est en outre pour alimenter des bureaux qui n’existent pas encore, dans le volume du magasin. Le plan du premier étage porte la mention en toutes lettres. La même anticipation gouverne le parc Undertech à La Pallice, livré brut à des preneurs inconnus.
Un chiffre résume la conception : sur les 86,4 kW que le tableau général distribue à ses onze départs, l’armoire du lot chauffage-ventilation en prend 46 à elle seule, soit plus de la moitié. C’est précisément pourquoi la machine choisie transporte la chaleur au lieu de la produire.
Le résultat : neuf mois annoncés, onze mois tenus
L’étude thermique réglementaire, rendue en phase projet le 2 juin 2021, place le bâtiment à 115,6 de besoin bioclimatique pour un maximum de 140, et à 88,6 kWhep/m²/an de consommation conventionnelle pour 110 admis — 17,43 et 19,45 % de mieux que les valeurs à respecter. Elle relève un point de contexte que la conception a exploité : la départementale 939 est classée en catégorie 3 au titre du bruit des infrastructures terrestres, ce qui autorise le projet à consommer pour se rafraîchir au sens du calcul réglementaire. L’enveloppe suit : 140 mm d’isolant sur les murs béton pour un coefficient de transmission inférieur ou égal à 0,216 W/(m²·K), un panneau sandwich de 160 mm en toiture du premier bâtiment, 300 mm de laine sous bac acier sur le second, 130 mm sous la dalle du plancher sur terre-plein.
Les marchés de travaux ont été notifiés le 10 janvier 2022, pour un démarrage le 22 février et neuf mois de chantier annoncés. Le panneau de chantier promettait une livraison en décembre 2022 ; le compte rendu du 20 janvier 2023, sous le titre « Réception & levées des réserves », convoque les entreprises les 26 et 27 janvier. Onze mois, donc, pour un siège d’agence dont le maître d’ouvrage aura été, sur deux lots, sa propre entreprise — une position que le bureau connaît par ailleurs depuis l’autre bord, aux ateliers pilotes Capsulae, où le même groupe est l’attributaire du lot électricité. C’est la première des deux affaires du bureau à Saint-Jean-d’Angély, avant la maison relais de 21 logements ouverte l’année suivante dans un ancien foyer du centre-ville.
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